Aujourd'hui, un peu de psychologie enfantine et pourquoi les histoires peuvent être importantes pour les enfants... Cet article est tiré du site : vosquestionsdeparent.fr. Cela me semble intéressant...

 

Lire des histoires à un enfant pour l'aider à grandir.

 

Lire des histoires aux enfants est plus important qu'il n'y paraît. En plus de les aider à aborder la lecture, cela leur permet de structurer leur pensée. A condition de le faire avec plaisir, et non comme un exercice scolaire. Michèle Petit, chercheuse au CNRS, nous explique pourquoi.

 

Pomme d'Api : pourquoi les enfants ont-ils tant besoin qu'on leur raconte des histoires ?

   

M.P : Seuls les humains savent raconter des histoires ! Nos vies sont tissées de récits. Il est important de raconter des histoires aux jeunes enfants, car ce sont déjà ces minuscules récits qui font du quotidien une fête partagée, et qui permettent l'émergence de la pensée.

 

L'enfant apprend à relier tout ce qu'il perçoit

 

Les histoires venues de l'extérieur aident l'enfant à élaborer sa pensée et à mettre de l'ordre dans la perception qu'il a de lui. Il a écouté, avalé goulûment des histoires… Et voilà qu'un jour, à son tour, il se met à raconter ! C'est-à-dire qu'il se sert du langage, non seulement pour désigner les choses ou les personnes qui l'entourent, “bol”, “oiseau” ou “maman”, mais pour dire ce qui se passe entre elles et pour construire le temps… Enfin, pour lui, les événements ne sont plus isolés, indépendants, non reliés entre eux !

 

Une histoire peut l'aider à combler un vide

 

Une histoire ne raconte pas forcément ce qui est présent, elle peut évoquer le passé, le lointain, ce qui est absent, quelque chose ou quelqu'un qui n'est pas là. Grâce à l'histoire qu'il se raconte, un enfant peut évoquer quelque chose ou un être qui n'est pas là. D'une façon proche, nourri de toutes les histoires qu'on lui a racontées, l'enfant crée des mises en scène où c'est lui qui maîtrise l'ordonnance des choses. Il devient aussi le narrateur de sa propre histoire. Et cela est vital !

 

Le 6 octobre 2008 Michèle Petit - Propos recueillis par Sophie Chabot - Pour le magazine Pomme d'Api.

http://www.vosquestionsdeparents.fr/dossier/130/lire-des-histoires-aux-enfants/page/2/sectionId/275

 

Comment raconter un conte

Le conte est une histoire très personnelle pour chacun. Il n'y a pas de règles pour transmettre toutes les richesses qu'il comporte. Le plus important est le plaisir de lire…

 

 

Faut-il choisir un conte en fonction de l’âge des enfants ? 

               

Il n'est pas possible de savoir à quel âge un conte est bon pour tel ou tel enfant et donc de choisir parmi eux celui qu'il convient de lui raconter. Ou plus exactement, tous les contes merveilleux, traditionnels ou modernes, lui conviennent.

En fait, ce sont les réactions de l'enfant à l'écoute du conte qui renseigneront le conteur sur l'intérêt éprouvé. Si le message qu'il contient lui parle, lui fait du bien, son enthousiasme le signifiera. Il réclamera inlassablement la même histoire jusqu'à ce qu'il en ait tiré tout ce dont il avait besoin.

Quand ses préoccupations internes auront changé, il demandera une “nouvelle histoire”, correspondant mieux à ses besoins. À l'inverse, en se mettant à l'écoute des attentes et des demandes de son enfant, le parent apprendra beaucoup de lui et de ce qu'il traverse !

   

Doit-on transformer les contes pour en atténuer la violence ?

   

Les contes traditionnels et ceux qui s'appuient sur leur structure donnent un sens structurant à la violence mise en scène. La supprimer ou l'atténuer risque de brouiller les cartes, et l'enfant, faute d'une bonne grammaire, ne pourra en tirer parti.

       

En revanche, il est des histoires modernes que l'auteur n'a pas pris la peine de situer dans un temps ou un pays “lointain”, c'est-à-dire hors du réel de l'enfant et qui n'utilisent pas le matériau des symboles, du mythe et des archétypes : dans ce cas, la violence qu'elles recèlent parfois “gratuitement” n'aide pas l'enfant à grandir.

   

Qu’est-ce qu’un bon conteur ?  

   

Chaque parent, chaque conteur a son propre rapport au conte, ses habitudes (l'un préférera s'appuyer sur un livre, l'autre sur sa mémoire) et ses charismes. L'essentiel n'est pas dans la mise en scène, ni même dans la maîtrise de la langue orale, dans la capacité à imiter la grosse voix du loup et celle fluette du petit chaperon rouge ou dans l'illustration du livre de contes. C'est la sincérité et l'intention du conteur qui priment avant tout pour l'enfant, car celui-ci les perçoit. Un bon conteur est celui qui est heureux de raconter et le fait avec goût et plaisir.

 

Le 8 octobre 2008 Agnès Auschitzka - La Croix Parents & enfants

http://www.vosquestionsdeparents.fr/dossier/16/pourquoi-les-contes-plaisent-ils-aux-enfants